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Littérature et société

BO Spécial N°04 du 29 avril 2010 : Enseignement d'exploration en seconde littérature et société

 

[…] extrait du Bulletin officiel spécial n° 4 du 29 avril 2010

 

   

PROGRAMME DE LITTÉRATURE ET SOCIÉTÉ EN CLASSE DE SECONDE GÉNÉRALE ET TECHNOLOGIQUE

 

Enseignement d’exploration

 

Préambule général

 

Finalités

 

Cet enseignement d’exploration vise à renforcer l’attractivité de la voie littéraire, en montrant aux élèves l’intérêt, l’utilité sociale et la diversité des débouchés d’une formation humaniste au sens large et moderne du terme.

On cherche pour cela à :

- faire percevoir la variété des études littéraires et des champs professionnels qui s’y rattachent, afin d’éclairer un futur choix d’orientation pour l’élève ;

- mettre en œuvre un enseignement fondé sur le croisement et la complémentarité de plusieurs approches disciplinaires ;

- faire expérimenter des situations concrètes d’activité ou de recherche en relation avec les disciplines littéraires ;

- faire prendre conscience que les études littéraires sont, aujourd’hui plus que jamais, au coeur de la formation de l’homme et du citoyen.

L’enseignement d’exploration « littérature et société » a un programme spécifique, structuré autour des Lettres et de l’histoire-géographie. Il est présenté sous forme de domaines d’exploration qui ont été choisis en raison de :

- l’ouverture qu’ils constituent pour des élèves sortant de collège ;

- les compétences qu’ils permettent de développer et l’éclairage qu’ils apportent sur les formations et les débouchés possibles en liaison avec ces compétences ;

- la collaboration fructueuse qu’ils permettent d’engager entre les différentes disciplines du champ littéraire.

 

Modalités pédagogiques

 

En rupture avec les formes plus traditionnelles de l’enseignement en classe de seconde, cet enseignement d’exploration offre la possibilité de :

- mettre en oeuvre des démarches co-disciplinaires ouvertes à l’innovation pédagogique ;

- permettre aux élèves de réaliser certaines productions et de développer leur créativité (présentations orales, portfolios, recherches documentaires, expositions, reportages, etc.) ;

- engager des partenariats permettant une découverte, en situation, des formations et champs professionnels ouverts aux élèves issus de la voie littéraire (intervention de professionnels, visites hors de l’établissement, etc.).

Cet enseignement repose nécessairement sur la mise en activité des élèves, selon les diverses modalités qui conviennent au projet retenu. Il a pour but de favoriser l’acquisition et l’exercice de certaines compétences propres aux études littéraires : capacité à rechercher, à hiérarchiser et à exploiter les informations, à les synthétiser, à les traduire d’un langage à un autre pour les communiquer ; capacité à créer des analogies et à établir des liens ; capacité à argumenter et à convaincre ; capacité à porter une appréciation et à la justifier ; capacité à resituer un débat dans un contexte historique ou culturel ; capacité à négocier et à conduire un projet en équipe ; capacité à composer et à exposer des travaux, à inventer des formes originales pour les mettre en valeur…

La mise en œuvre raisonnée des technologies numériques est propre à favoriser l’acquisition de ces capacités. Par ailleurs, elle constitue en elle-même une compétence essentielle à la poursuite d’études littéraires.

Les situations de travail proposées aux élèves seront choisies en fonction de leur intérêt et de la motivation qu’elles peuvent susciter, de leur adéquation au projet pédagogique des professeurs, de la mobilisation possible de partenaires extérieurs, de l’inscription éventuelle de ce travail dans l’agenda culturel local.

Une collaboration régulière avec le professeur documentaliste de l’établissement est ici particulièrement recommandée.

L’horaire imparti sur l’année à cet enseignement d’exploration autorise, dans le cadre du projet d’établissement, une certaine liberté d’organisation qui favorise la conception et la mise en œuvre de projets associant les professeurs des disciplines concernées.

 

Les domaines d’exploration

 

Les professeurs choisissent deux ou trois domaines d’exploration parmi les six domaines présentés ci-dessous. Ils peuvent organiser librement leur enseignement sur l’année en fonction des situations de travail envisagées, des ressources humaines et culturelles disponibles au sein de l’établissement ou dans son environnement. Cet enseignement doit se faire, autant que possible, en relation avec des partenaires, institutions ou entreprises culturelles proches du lycée, à l’occasion d’événements ou de manifestations diverses (festivals, expositions, semaine de la presse, concours, appels à projets, etc.).

Chaque domaine d’exploration prend en compte :

- un champ d’étude et de recherche, structuré autour de grandes problématiques ;

- des compétences à travailler avec les élèves ;

- des pistes de travail ;

- des points d’entrée possibles donnés à titre indicatif, d’autres choix pouvant être faits par les professeurs (exemples et ressources seront mis en ligne sur le site Éduscol) ;

- des situations de travail et de production, qui peuvent être remplacées par toute autre situation ou production jugée pertinente par les professeurs.

 

1. Écrire pour changer le monde : l’écrivain et les grands débats de société

 

Problématiques

 

De quelle manière les écrivains participent-ils aux débats politiques et aux débats de société, à la construction, à la diffusion ou à la mise en question des opinions et des valeurs de leur époque ? Quel rôle jouent-ils dans les représentations et les opinions qui sont communément partagées ou qui sont l’objet de controverses dans une société ?

Dans quelle mesure sont-ils créateurs, catalyseurs ou porteurs de manières de voir et de penser ?

Quels sont les voies et les moyens de leur engagement, les conditions de son efficacité ?

Cette étude est aussi l’occasion de voir en quoi la participation aux grands débats de société est créatrice de formes et d’œuvres nouvelles.

 

Compétences visées

 

Ce domaine permet de bien mettre en évidence le lien entre littérature et société.

Il fournit aux élèves l’opportunité de travailler sur des supports variés pour identifier différentes formes de l’engagement, d’exercer leur esprit critique, et, de façon plus large, de mesurer l’importance de l’exercice libre de la pensée pour tout citoyen.

Il ouvre une perspective sur des études où les compétences de réflexion et d’expression sur les phénomènes politiques et socioculturels sont essentielles : capacité à démêler des enjeux complexes, à analyser les discours, à sérier les opinions, à saisir les différentes manières d’exprimer des valeurs et de représenter une idée, à mesurer la part d’implicite dans un énoncé et à tenir compte des situations d’énonciation…

Ces compétences sont déterminantes dans l’exercice des métiers de l’analyse des sociétés et de l’information, de la communication, de la médiation culturelle, des relations internationales…

 

Pistes de travail

 

La double perspective historique et littéraire est indispensable pour faire réfléchir les élèves à la place de l’écrivain dans le débat public, ainsi qu’aux tenants et aboutissants des controverses qui marquent la vie d’une époque. Le professeur examine également avec eux comment les réalités d’une époque sont représentées dans divers genres et formes, comment sont figurés ou exprimés les enjeux du débat, quels sont les moyens par lesquels l’écrivain agit sur ses lecteurs et intervient dans l’opinion publique. S’il est souhaitable de travailler sur l’engagement des écrivains, on ne saurait laisser de côté d’autres formes et aspects actuels, plus indirects, de cette intervention dans les débats contemporains (littérature de science-fiction, romans policiers, romans d’espionnage, témoignages, autofictions, blogs d’écrivains…)

 

Points d’entrée possibles

 

Écriture et engagement : discours, fictions, opinions.

Les utopies : à la recherche d’une société idéale.

Ce que la fiction dit du monde.

La figure de l’intellectuel dans la société contemporaine.

Regards croisés sur quelques grands débats de société à différentes époques.

La figure de l’écrivain au XIXe siècle.

Les écrivains face aux progrès scientifiques et techniques.

Écriture et idéologie : manifestes, pamphlets, charges et plaidoyers.

 

Situations de travail possibles

 

Décryptage d’émissions et d’entretiens télévisés où les écrivains prennent la parole ; reportages, interviews, expositions, articles journalistiques ; étude de textes polémiques, satiriques, de documents et d’œuvres de genres divers où s’expriment des opinions et des valeurs (pamphlets, parodies, romans policiers, d’espionnage, de science-fiction, lettres ouvertes, etc.) ; confrontations entre témoignages d’écrivain et documentaires… peuvent être l’occasion de recherches et de réflexions et de productions sur le rôle et la figure de l’écrivain dans la société.

 

2. Des tablettes d’argile à l’écran numérique : l’aventure du livre et de l’écrit

 

Problématiques

 

On fait découvrir aux élèves la longue histoire des supports de l’écrit et on leur propose de réfléchir aux relations qui, depuis les origines de l’écriture, ont existé entre un type de support – notamment le livre – et des modalités de production et de réception des textes.

On touche ainsi particulièrement au rôle historique que joue, via ces supports, l’écriture elle-même, dans la construction des civilisations, dans les usages et les modes de pensée, dans l’imaginaire des sociétés.

Le professeur aborde à cette occasion la question de l’évolution actuelle des formes du livre et de la textualité numérique, et de ses enjeux dans la société aujourd’hui – qu’ils soient culturels, artistiques, ou économiques.

 

Compétences visées

 

Une mise en perspective historique de la question des supports de l’écrit, depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours, doit amener les élèves à mieux appréhender l’influence des différentes techniques et des différentes formes de médiation sur la production, la diffusion et la réception des textes et des idées.

En sensibilisant les élèves aux aspects formels et matériels de l’écrit, on leur permet d’envisager le livre sous un jour nouveau et de découvrir des formes renouvelées du « plaisir de lire ».

On les engage, par ailleurs, à prendre une distance à la fois historique et réflexive à l’égard des textes et on contribue à la construction de compétences utiles dans l’exercice de nombreuses professions du domaine du livre et de l’écrit : fabrication, édition, diffusion, conservation, archivage, documentation…

jusqu’aux métiers qui sont liés à la « révolution numérique » et à ses applications en matière de traitement du texte et de l’information et en matière de production littéraire.

 

Pistes de travail

 

Pour faire comprendre le rôle qu’a joué l’écriture dans l’organisation des sociétés, il est possible de s’appuyer sur l’exemple de civilisations antiques où c’est par l’écrit que se sont mises en place les administrations, qu’est née et que s’est développée la culture : philosophie, sciences, histoire, littérature. L’étude de l’écrit dans la perspective de ses supports et de leur évolution permet de mettre en évidence une grande diversité d’usages et de pratiques dans la réalité des différentes cultures.

En abordant la question des formes actuelles du livre et de la textualité numérique, on fait réfléchir les élèves sur leurs propres pratiques de lecture et d’écriture, sur ce que les technologies numériques induisent dans l’approche des textes et des documents mais aussi sur ce qu’elles modifient du point de vue de l’expression personnelle, des modes d’échange et de la création littéraire.

 

Points d’entrée possibles

 

Les grandes révolutions du livre : histoire de ses formes et de ses supports.

(du volume à l’imprimé et au livre numérique).

Arts et techniques du livre.

Les livres sacrés.

Les espaces du livre et de la lecture (bibliothèques, conservation et diffusion des écrits).

Textualité numérique et formes « ouvertes » de l’écrit aujourd’hui.

Lectures et lecteurs, hier et aujourd’hui.

Portulans, atlas, livres de voyages : les géographes écrivent le monde.

Archiver, conserver, diffuser : transmettre la mémoire d’une société.

Les livres d’histoire.

L’aventure des écritures : pictogrammes, idéogrammes, alphabets, multimédia…

D’autres supports : grottes, murs, pierres écrites, inscriptions, tableaux et écritures peintes.

 

Situations de travail possibles

 

CDI, bibliothèques, médiathèques, sites web des bibliothèques, services des archives, librairies, musées, expositions, salons et marchés du livre, imprimeries, ateliers de reliure, d’illustration, ateliers d’écriture et concours de lecture… : autant de lieux et d’occasions où peuvent être développées des activités sur le livre et sur l’écrit.

 

3. Images et langages : donner à voir, se faire entendre

 

Problématiques

 

L’image, élément de la culture des élèves, joue un rôle essentiel dans nos sociétés. Comment les différents modes d’expression et de communication que sont le texte et l’image, fixe ou animée, se combinent-ils, s’enrichissent-ils mutuellement ? En quoi les langages qu’ils constituent et les effets qu’ils produisent sont-ils à la fois différents et néanmoins très intimement liés l’un à l’autre ?

En prenant appui sur des textes et des documents variés, le professeur aborde avec les élèves divers aspects du langage visuel. Comment le comprendre, en contexte, que ce soit dans une perspective de création artistique, de divertissement, de glorification ou de stigmatisation, d’information ou de désinformation, d’incitations diverses ? De quels plaisirs et de quels dangers est-il porteur ?

 

Compétences visées

 

Au-delà d’un apprentissage de la lecture de l’image, travail déjà engagé au collège et qui peut être approfondi, le professeur vise à développer une réflexion nuancée sur la place et l’usage des images dans nos sociétés, hier comme aujourd’hui. Il fait aussi travailler ses élèves sur la relation, dans son contexte historique ou géographique, entre un fait et l’image qui en est donnée, en matière de cartographie par exemple. Il attire leur attention sur la distinction entre différents statuts de l’image, selon quelle relève du réel ou de la fiction, du document ou de l’œuvre d’art, du domaine public ou du domaine privé.

En donnant à réfléchir sur les relations entre texte et image, sur la façon dont les images font sens, nous touchent et nous émeuvent, sur leur relation au réel, et sur la manière dont elles peuvent éventuellement être manipulées, on exerce chez les élèves la capacité à appliquer des méthodes de lecture et de traitement d’un document iconographique, on cultive des compétences d’analyse des codes et des procédés mis en œuvre.

On enrichit également leur conscience et leur jugement esthétique par une mise en relation de la littérature, du patrimoine historique et des arts visuels.

Cette réflexion est centrale dans plusieurs champs professionnels et de formation, de la communication à l’information, des arts aux métiers de la culture et de l’audio-visuel.

 

Pistes de travail

 

La réflexion sur les langages impose une distance réflexive à l’égard des images. Elle peut s’exercer sur les images elles-mêmes, fixes ou animées, et sur différents types de relations entre texte et image : adaptation, traduction, interprétation ou interaction. On peut ainsi aborder différents arts visuels, de la photographie au cinéma, de la gravure à la bande dessinée, aux arts graphiques et à la création multimédia.

La compréhension des effets, voire des détournements ou manipulations à visée persuasive, de la manière dont l’image a pu être mise au service de l’argumentation ou de la propagande, suppose que l’analyse des moyens mis en œuvre se double d’une mise en perspective historique qui donne leur sens à ces effets.

L’étude des différences et des correspondances entre les langages dans le cadre d’une période historique ou d’un courant esthétique et culturel, ou bien celle de la représentation cinématographique d’une époque ou d’un événement peuvent permettre de croiser et d’enrichir l’une par l’autre des perspectives disciplinaires différentes.

 

Points d’entrée possibles

 

Images du pouvoir, pouvoir des images : monnaies, médailles, statues, portraits en majesté…

L’illustration et son histoire : enluminures, gravures, photographies.

Publicité, bande dessinée, création multimédia : interactions de l’image et du texte.

La lettre et l’image : graphisme et typographie.

Slogans, tracts et affiches : mots et images de l’action collective.

Imprimer la légende : les images d’Épinal.

Représentations et opinions : colporteurs d’images, colporteurs d’histoires.

Le paysage, réalités et représentations.

Œuvres littéraires et adaptations cinématographiques.

Un courant esthétique (par exemple : le baroque, textes et images en mouvement).

Un événement historique vu par différents cinéastes (la Révolution française, la Libération…).

Le film au service du pouvoir : le cinéma de propagande.

 

Situations de travail possibles

 

Projection et analyse de films, de fiction ou d’actualité, de reportages ; interviews de cinéastes, de journalistes de télévision (télés locales, reporters ; voir l’opération « Reporters sans frontières ») ; étude critique de documents iconiques, de magazines ; rencontre et réalisations avec des illustrateurs, des graphistes, des designers, des cartographes ; travaux sur la caricature, la photographie, réalisation d’une affiche sur un thème au choix ; conception d’une image publicitaire ; visites d’agences publicitaires ; réalisation d’une exposition ou d’un blog… autant d’occasions d’explorer et de développer des compétences sur le langage de l’image.

 

4. Médias, information et communication : enjeux et perspectives

 

Problématiques

 

Dans une société marquée par l’abondance et le foisonnement de l’information, la capacité à hiérarchiser les données, à s’assurer de leur source, de leur nature et de leur fiabilité constitue un enjeu éducatif primordial. L’objectif est de faire réfléchir les élèves à la place et au rôle des médias dans la société. On se donne pour but de leur faire appréhender de manière critique les messages médiatiques sous des formes variées, notamment celles qui se développent aujourd’hui par le canal des technologies numériques.

 

La prise en compte de la profondeur historique des problématiques de la presse et de l’information permet de donner aux élèves une distance propice à la réflexion et de leur proposer les éléments d’une véritable éducation à l’information.

 

Compétences visées

 

Il s’agit de donner aux élèves des outils et des méthodes leur permettant d’utiliser les moyens de communication modernes, la presse et les nouveaux médias notamment, d’une manière raisonnée, libre et autonome, comme supports de pratiques citoyennes, mais aussi créatives.

Ce domaine offre de nombreux champs d’application à l’apprentissage de la maîtrise de la langue et à la réflexion sur ses usages, qui doit se poursuivre tout le long de la scolarité et qui constitue une des compétences majeures attendues chez les littéraires.

Les compétences construites à l’occasion de cette étude (compétences de recherche, d’analyse, de contextualisation, distanciation, autonomie, esprit critique) sont celles susceptibles de conduire aux métiers de l’information et de la communication, dans la diversité de leurs applications et des supports qu’ils utilisent.

 

Pistes de travail

 

Le sujet peut être abordé dans une perspective historique, en axant l’étude sur la figure du journaliste par exemple, investi à partir du XIXe siècle d’un rôle social nouveau cumulant l’autorité du savoir et l’art de la communication, jouant volontiers le rôle d’historien, de géographe ou de sociologue. Mais il doit également prendre en compte les aspects socio-économiques de l’information (conditions de production et de diffusion) tout comme il donne lieu à une réflexion sur la rhétorique mise en œuvre ainsi qu’à une analyse des contraintes et des effets de lecture produits par les supports eux-mêmes.

 

Points d’entrée possibles

 

Histoire et genres de la presse écrite du XIXe au XXIe siècle.

Les journalistes et le pouvoir.

Médias et culture de masse.

L’avènement des nouveaux médias (radio, télévision, puis internet).

Médias : formes et modes de participation.

Circulation de l’information et réseaux sociaux.

La presse écrite : un média en crise.

Communication et politique.

Le fait divers : information ou émotion ?

Médias et manipulation de l’opinion.

Le journal télévisé : quelle écriture de l’actualité ?

Dessin de presse et caricature.

 

Situations de travail possibles

 

Activités dans le cadre du CDI, conçues en collaboration étroite avec le professeur documentaliste ; visite d’agences de presse régionale ; rencontres et réalisations avec des journalistes (presse, radio, télévision) ; participation à des radios lycéennes, à des journaux lycéens ; concours d’écriture journalistique ; réalisation de blogs, de sites internet ; participation à la semaine de la presse et des médias… autant d’occasions de connaître les médias par la pratique et la fréquentation des acteurs.

La plupart des activités peuvent être menées en liaison avec les correspondants académiques du CLEMI. On peut utiliser les archives des institutions et établissements publics conventionnés.

 

5. Paroles publiques : de l’agora aux forums sur la toile

 

Problématiques

 

L’objectif est de faire découvrir aux élèves différentes formes de la parole publique, dans sa profondeur historique et la diversité de ses manifestations, de leur en faire apprécier les pouvoirs et comprendre les codes et les effets.

Les échanges de paroles sont des liens essentiels pour créer une vie en société. La manière dont se font ces échanges varie cependant selon les régimes politiques, selon le degré de liberté consenti à la parole des sujets ou des citoyens, la censure conduisant souvent la société à concevoir divers moyens de contourner l’interdit. Certains lieux matériels ou immatériels sont dévolus à ces échanges : l’agora ou le forum pour l’Antiquité, les places des villes médiévales et modernes, les médias ou internet pour l’époque contemporaine.

 

Compétences visées

 

Afin d’encourager la prise de parole et d’entraîner les élèves à s’exposer sans crainte à l’écoute d’autrui, aux échanges et aux situations de négociation, on s’efforce de favoriser, par l’utilisation des outils actuels de communication audio et vidéo, une attitude active de production raisonnée. Au-delà des compétences de mise en perspective et d’analyse critique, on vise ainsi l’acquisition de véritables compétences d’expression orale. Les unes et les autres sont nécessaires à la formation du citoyen et préparent à l’exercice de nombreuses professions où, du commerce au droit ou à la gestion des ressources humaines, s’exercent les formes de la conviction, de la persuasion, de la délibération et de la négociation argumentée.

 

Pistes de travail

 

On veille à donner aux élèves des repères historiques en leur faisant lire et entendre des exemples d’éloquence pour leur faire prendre conscience des évolutions et des constantes de la parole publique. Des grands discours politiques ou judiciaires aux mises en spectacle de la parole (théâtre, joutes oratoires, poésie parlée, lectures publiques), des prestations d’animateurs aux performances d’artistes et aux manifestations participatives, on a soin d’ouvrir largement l’éventail des formes étudiées. Le rôle de la parole dans la vie publique et politique, la manière dont les formes d’intervention sont liées aux grandes évolutions de la société, la responsabilité qu’engage tout citoyen qui rend publique une opinion, peuvent faire l’objet, à partir d’exemples concrets, d’interrogations qui associent l’histoire et les Lettres.

 

Points d’entrée possibles

 

De l’art de la conversation à l’interview télévisée.

Parole publique et démocratie dans la cité.

Le discours politique : décryptages.

Les moyens d’expression du citoyen hier et aujourd’hui.

Grands discours à travers l'histoire.

Nouveaux modes de participation et espaces d’échanges : forums, blogs, débats participatifs, tchats.

La liberté d’expression : un droit, des devoirs.

La censure.

Le débat télévisé : décryptages.

Mises en voix, mises en scène.

 

Situations de travail possibles

 

Pratique de divers exercices oraux et oratoires : lectures, déclamations, joutes, théâtralisations diverses, débats ; exploitation des archives de l’INA, recours au site de l’Assemblée nationale, du Sénat, aux enregistrements de discours de divers genres et dans des contextes divers (discours d’hommage, grands discours politiques, échanges parlementaires) ; captation par les élèves de propos publics et étude de l’oral spontané et des échanges recueillis, pratique de l’interview ; improvisations diverses ; travail sur les logiques de conversation, sur la grammaire de l’oral, à partir d’enregistrements ; décryptage du travail d’un animateur dans une émission de radio ou de télévision ; rencontres avec des journalistes de radio… : voilà quelques situations concrètes qui peuvent servir à la pratique et à l’analyse de diverses formes de parole publique.

 

6. Regards sur l’autre et sur l’ailleurs

 

Problématiques

 

L’objectif est d’éveiller la curiosité des élèves pour les cultures, traditions et civilisations étrangères, et de les faire s’interroger sur les différents regards dont elles peuvent faire l’objet : celui de l’ethnologue, de l’anthropologue, du sociologue, du poète ou de l’écrivain, de l’explorateur, du reporter, de l’historien, du géographe, de l’archéologue.

On leur fait prendre ainsi conscience de différentes manières de rendre compte de réalités qui peuvent être éloignées dans l’espace ou dans le temps, et des diverses émotions et facultés qu’éveille et que mobilise en nous le contact avec l’autre et l’ailleurs.

Au-delà de la découverte de la diversité humaine, dont cet enseignement doit être l’occasion pour les élèves, on les amène à réfléchir sur le sens même de la relation à l’autre, et sur la manière dont elle change celui qui s’y expose. On aborde ainsi concrètement les notions de regard éloigné, d’altérité et d’identité culturelle, de patrimoine.

 

Compétences visées

 

En proposant aux élèves, à travers des œuvres et des témoignages, de prendre contact avec des réalités, des modes de vie et des manières de penser différentes des leurs, en favorisant leur réflexion sur la relation à autrui et sur les appréhensions diverses de cette altérité, on met en jeu à la fois leur ouverture d’esprit, leur sens de l’observation et leur capacité à prendre du recul par rapport à euxmêmes.

On développe leurs connaissances, on sollicite leur intelligence, on cultive aussi leur imagination. On favorise par là le développement d’une certaine appétence pour les sciences humaines ainsi que la construction de compétences nécessaires dans certains secteurs qui en relèvent - ethnologie, anthropologie, archéologie, linguistique historique, géographie - mais aussi pour exercer certains métiers liés à la coopération culturelle, aux relations internationales et à la diplomatie, au tourisme, à la traduction.

 

Pistes de travail

 

On peut travailler sur des textes et des documents divers : récits de voyage, fictions, livres de photographie ou films, pages empruntées à divers essais, documents sonores, en choisissant d’explorer, sans prétention à l’exhaustivité, une culture, une contrée, une période éloignées dans le temps ou dans l’espace, et en s’interrogeant sur la manière dont les documents rendent compte de l’altérité, la caractérisent, la réduisent ou la mettent en valeur.

On prend soin, autant que possible, de faire varier les regards et d’en faire apprécier aux élèves la complexité ; on les rend sensibles aux conditions mêmes de la rencontre ou de la découverte de l’autre, afin qu’ils puissent comprendre dans quelle mesure le voyage met en jeu un ensemble de déterminations, mais ouvre aussi la possibilité d’y échapper par une véritable rencontre.

La contextualisation historique et les compétences que cultive la géographie favorisent la compréhension des enjeux de la relation à l’autre et à l’ailleurs. L’étude des textes dans leur complexité, celle des formes et des significations du rapport à l’autre se construisent nécessairement dans le langage et la littérature.

 

Points d’entrée possibles

 

« Notre monde vient d’en trouver un autre… » : récits et discours du Nouveau Monde au XVIe siècle.

Le voyage en Italie, le voyage en Orient : peintres et écrivains.

Europe-Afrique : regards croisés.

Récits et carnets de voyage, écrits d’ethnologues.

L’exotisme.

L’ailleurs utopique : un rêve rationnel.

Explorations et colonisations.

Figures de l’étranger : le barbare, l’indigène, l’immigré, l’errant.

Guides touristiques : conception, écriture, mise en images.

 

Situations de travail possibles

 

Visites de musées archéologiques, de musées des arts et traditions populaires, de musées anthropologiques, de la Cité Nationale d’Histoire de l’Immigration ; visionnage de films documentaires ; étude de récits de voyage ; contacts avec les services culturels des ambassades, les offices du tourisme ; visites de sites, lecture de guides touristiques ; écriture de guides ou de notices ethnologiques pour une contrée ou un peuple imaginaire ; écriture et illustration d’un journal de voyage dans sa vie quotidienne ; présentation étrange d’usages et d’objets familiers… constituent, parmi d’autres, des pistes d’explorations possibles.

 

 

Modalités d’évaluation

 

Le travail conduit dans l’enseignement d’exploration vise à permettre aux élèves :

- de développer leurs compétences ;

- de mieux faire leurs choix d’orientation.

La progression des élèves et les compétences qu’ils ont acquises donnent lieu à une évaluation fondée sur la réalisation de productions écrites ou orales, individuelles ou collectives selon la nature du projet pédagogique. Il est recommandé qu'une trace de ces productions soit rassemblée dans un dossier individuel organisé (portfolio), à la fois pour que l'élève puisse se constituer une mémoire du travail réalisé et pour contribuer à l’évaluation réalisée par les professeurs.

L’évaluation doit prendre en compte la spécificité des démarches engagées et la nature des travaux réalisés. Elle porte sur :

" la démarche personnelle de l'élève, son autonomie et son investissement dans la conduite et la réalisation d’un projet ;

" la capacité à rechercher et à traiter des informations en réponse à une problématique d’étude ;

" la capacité à analyser et à synthétiser des documents ;

" la qualité de la présentation finale de la production.

Pour évaluer un enseignement d’exploration, il est important d’apprécier le niveau d’engagement des

élèves. Les professeurs veilleront également à apprécier le parcours personnel de chacun d’entre eux dans la préparation de ses choix d’orientation.